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Assassinat de Jovenel Moïse : 2 ans après, la justice américaine condamne, celle d’Haïti auditionne

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L'ancien Président assassiné | @ AP

Ce vendredi 7 juillet 2023, marque exactement le 2ème anniversaire de l’assassinat de l’ancien Président Jovenel Moïse. Le 58ème chef d’État haïtien a été assassiné le 7 juillet 2021, par des mercenaires colombiens, d’Américains d’origine haïtienne qui avaient comploté avec des politiques haïtiens. Deux (2) ans après le crime, l’enquête en cours aux États-Unis a déjà condamné l’homme d’affaires Roodolph Jaar pour son rôle joué dans le magnicide, alors qu’en Haïti, les juges se défilent à tour de rôle pour instruire le dossier. Le dernier chargé de poursuivre l’enquête depuis le 30 mai, le Juge d’instruction Walter Wesser Voltaire, ne fait qu’auditionner certaines personnes dont d’anciens ministres ainsi que d’opposants farouches à Jovenel Moïse.

LE FACTEUR HAÏTI, le 7 juillet 2023._Haïti compte déjà deux (2) ans sans Président à sa tête. Le fauteuil présidentiel reste vacant depuis l’assassinat crapuleux de Jovenel Moïse, ancien poulin du « Parti Ayisyen Tèt Kale (PHTK) », en date du 7 juillet 2021, en son domicile, sis à Pèlerin 5, dans les hauteurs de Pétion-Ville.

Les enquêtes en cours en Haïti et aux États-Unis ont révélé que l’assassinat de l’ancien locataire du Palais National est l’œuvre d’ex-militaires Colombiens et d’Haïtiano-américains dont James Solages et Joseph Vincent, entre autres avec la complicité d’hommes d’affaires et des politiques haïtiens.

Au lendemain du déroulement de l’opération à Pèlerin 5, plusieurs mercenaires colombiens dont le Général en chef , Capador qui dirigeait le Commando, avaient été abattus par la police, avec en leur possession de fortes sommes d’argent en dévise américaine. En plus des mercenaires tués, d’autres, soit pas moins de 18, avaient été arrêtés et écroués en Haïti.

Des mercenaries colombiens arrêtés etc écroués à la DCPJ | @ AP

Aussi, de nombreux suspects de nationalité haïtienne ont été aussi arrêtés que ce soit en Haïti , soit en terre étrangère.C’est le cas de Jean Lagel Civil et Dimitri Hérard, respectivement coordonnateur de la sécurité présidentielle et responsable de l’Unité de la Sécurité Générale du Palais National (USGPN),le Pasteur Christian Émmanuel Sanon, l’ancien Sénateur John Joël Joseph et les hommes d’affaires Samir Handall et Roodolph, entre autres.

En l’espace de deux (2) ans, plusuieurs juges haïtiens ont été désignés pour instruire l’enquête. En revanche, ils se sont déportés à la file indienne laissant ainsi de la place au Magistrat Walter Wesser Voltaire, qui, depuis le 30 mai 2022, est en charge du dossier. Depuis lors, le juge instructeur ne cesse d’inviter à son carré de nombreuses personnalités dans le cadre des auditions autour de l’enquête en cours.

Les plus récentes invitations sont celles envoyées aux anciens Sénateurs Nenel Cassy (Nippes) et Antonio Chéramy (Ouest), l’ex-ministre des Travaux Publics, Transports et Communication, Joaséus Nader ainsi que l’ancien opposant farouche à Jovenel Moïse, Me André Michel sans oublier le Directeur Exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), Pierre Espérance.

l’ex-Sénateur Antonio Cheramy | Crédit Photo : Google

Bien avant la désignation du Juge Walter Wesser Valtaire, l’ancien Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince, Me Bed-Ford Claude, avait invité le Premier Ministre Ariel Henry à se présenter le 14 Septembre 2021, au Parquet de ce ressort dans le cadre de l’enquête ouverte sur le meurtre de l’ancien Président. Il devrait s’expliquer sur les conversations téléphoniques qu’il avait eues avec le suspect #1 dans le crime, le nommé Félix Badio Joseph.

Cependant, le chef du Gouvernement avait boudé l’invitation de Me Bed-Ford Claude, qui le même jour avait adressé une correspondance au directeur du service de l’Immigration et de l’Émigration de l’époque, Joseph Cianciulli lui demande d’interdire à Ariel Henry de quitter le pays par voie maritime, aérienne ou terrestre pour « présomptions graves concernant l’assassinat du Président Jovenel Moïse ».

Si l’enquêtre relative à l’assassinat de Jovenel Moïse traîne en Haïti, celle en cours aux États-Unis bouge! En fait après avoir perquisitionné les locaux de la CTU, le FBI et la justice américaine ont entendu plusieurs suspects. Citons entre autres, Antonio Palacios Palacios et John Joël Joseph. Ces derniers qui avaient été arrêtés à la Jamaïque, ont été extradés vers les États-Unis où ils sont pour l’instant écroués.

L’ancien Président assassiné | @ AP

Du haut des noms susmentionnés, l’homme d’affaires haïtiano-chilien, Roodolph, lors de plusieurs séances d’audition, a décidé de coopérer avec les autorités judicaires américaines afin d’alléger sa peine. De ce fait, il a avoué avoir financé et aidé les mercenaires colombiens à obtenir d’armes pour assassiner l’ex-président Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021. En consequence à son rôle joué pour lequel il a plaidé coupable en mars dernier pour avoir fourni un soutien matériel aux ex-millitaires colombiens, il a été condanmé à perpétuité le 2 juin 2023, par le juge José E. Martínez lors d’une audience devant un tribunal fédéral du centre-ville de Miami.

Entre temps, en Haïti , la justice peine encore à arrêter d’autres personnes soupçonnées, à l’instar de Me Windel Coq Thélot et le nommé Félix Badio Joseph lesquelles leurs têtes sont mises à prix par le Gouvernement haïtien.

Haïti-Insécurité : L'office de la Protection du Citoyen réclame justice pour le Président Jovenel Moïse et les autres martyrs du système
Martine Moïse s’est recueillie devant la dépouille mortelle de son défunt mari Jovenel Moïse lors des funérailles nationales organisées le 23 juillet 2021, au Cap-Haïtien, plus précisément à Madeline/ Crédit photo Associated Press (AP)

En dépit de la condamnation de Roodolph jaar, la veuve de l’ancien Président, Martine Étienne Moïse, dans toutes ses sorties, que ce soit dans la presse internationale, soit à travers les réseaux sociaux, ne cesse de réclamer justice pour son défunt mari assassiné sous ses yeux. D’ailleurs, elle a plaidé en faveur de la formation d’un tribunal spécial international pour lui confier l’instruction de l’enquête, alors que, récemment, l’ex-Première Dame de la République, dans un entretien  sur « France 24 » a dit connaître les identités des assassins de son mari, mais elle laisse le soin aux enquêteurs de les révéler, car selon ses dires, « la vérité verra le jour ».

LE FACTEUR HAÏTI (LFH)