Accueil DROITS HUMAINS

Brutalité policière à Tabarre : FJKL appelle au respect de la dignité humaine et réclame des sanctions contre les policiers fautifs

Des agents de la police Nationale d’Haïti ont bombardé le mardi 25 juillet 2023, à coups de gaz lacrymogènes, plusieurs familles qui avaient pris leur refuge dans la Cour de l’Ambassade Américaine, à Tabarre, après qu’elles aient été chassées de leurs maisons par des bandits armés. Dénonçant cette intervention brutale, la Fondasyon Je Klere (FJKL) appelle le pouvoir en place à respecter la dignité des citoyens et à assumer ses responsabilités. Aussi réclame t-elle des sanctions contre les policiers fautifs.

LE FACTEUR HAÏTI, le 27 juillet 2023._ La Fondasyon Je Klere (FJKL) se dit choquée de constater l’usage abusif de la force fait par les agents de la Police Nationale d’Haïti (PNH) contre des déplacés internes de la Commune de Tabarre, contraints d’abandonner leurs logis pour échapper à la terreur des bandits armés.

Ces familles avaient fui leurs maisons plus spécialement sous l’impulsion du gang “Kraze Baryè” dirigé par le redoutable chef de gang Vitelhomme Innocent qui défie les forces de l’ordre impunément depuis près de deux ans, a dénoncé l’organisme de droits humains dans un communiqué.

Dans ce document de 2 pages, la FJKL dit noter que c’est le fait pour les déplacés d’aller se réfugier par devant l’ambassade américaine qui a provoqué la réaction du gouvernement et la colère des policiers. Elle a tenu à rappeler que les déplacés internes de Martissant, du Bel Air, de Cité Soleil, de la Plaine du Cul de Sac, de Liancourt, de l’Estère et aujourd’hui de Tabarre, entre autres, n’ont jamais été secourus par l’État.

Ces deniers, poursuit l’organisme de droits humains, ont toujours été abandonnés à leur sort en raison du fait que l’État n’a aucune politique de protection de la population face au déchainement des gangs armés qui pillent, violent, kidnappent, tuent, et torturent en toute impunité.

Entre temps, les responsables de l’État multiplient les voyages de plaisance à l’étranger et n’ont pris aucune initiative pendant plus de deux ans pour mettre fin au règne de terreur imposé par les gangs, s’indigne la FJKL.

Elle a souligné que cette démonstration de force de la Police observée contre des nourrissons, des enfants, des femmes enceintes, des personnes âgées et d’autres personnes sans défense aurait un sens si elle était dirigée contre les chefs de gangs dans le but de garantir la sécurité de la population.

Fort de ces cas flagrants de violation de droits humains, la Fondation Je Klere rappelle que selon les engagements internationaux pris par Haïti, l’État doit, en tout temps, respecter la dignité inhérente à tous les êtres humains indépendamment de leur degré de fortune; l’État a une plus grande obligation vis-à-vis des groupes vulnérables.

En revanche, la FJKL appelle à des sanctions contre les policiers fautifs de l’usage abusif de la force contre les déplacés-es internes de Tabarre et enjoint le pouvoir en place à assumer ses responsabilités vis-à-vis de la population en matière de sécurité et de sûreté publique.

LE FACTEUR HAÏTI (LFH)