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Haïti : 4 mois après, le mouvement « Bwa kale » s’affaiblit, les enlèvements se multiplient

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Quatre (4) mois après son déclenchement en date du 24 Avril 2023, à Canapé-Vert suite au lynchage d’au moins 14 individus armés à bord d’un mini-bus, suivi de l’incendie de leurs cadavres, le mouvement populaire anti-gang dénommé « bwa kale » perd en intensité. Et depuis, les assassinats par balles, les attaques armées ainsi que les enlèvements suivis de séquestration contre rançons se multiplient. Même la presse n’est exempte, car plusieurs journalistes tels que : Marie Lucie Bonhomme, son mari Pierre-Louis Opont et la dernière en date, Blondine Tanis, en sont victimes.

LE FACTEUR HAÏTI, le 24 Juillet 2023._Entre les mois de juin et Juillet en cours, de nombreuses personnes ont été kidnappées, notamment dans les départements de l’Ouest et de l’Artibonite.

D’abord, dans la soirée du 13 juin 2023, la journaliste de la Radio Vision 2000, Marie Lucie Bonhomme avait été enlevée chez elle, à Tabarre et conduite au fief d’un gang. Elle a été par la suite remise en liberté dans des conditions non élucidées.

Sept (7) jours plus tard, soit le 17 juin de l’année en cours, le Directeur régionale de l’Autorité Portuaire du Nord, Pierre-Richard Joseph a été lui aussi kidnappé dans la Commune susmentionnée. Le haut fonctionnaire de l’État avait recouvré sa liberté contre rançon après 22 jours de séquestration.

En plus de ces personnalités précitées, Pierre-Louis Opont, ancien Président du Conseil Électoral Provisoire de 2015, le 20 juin , soit 7 jours après l’enlèvement de son épouse, avait connu le même sort à Tabarre, à proximité de sa maison.

Pierre-Louis Opont

Plus d’un mois après, l’ancien journaliste de la Radio Nationale d’Haïti se trouve encore entre les mains de gangs malgré les cris de détresse des membres de sa famille dont sa femme ainsi que ceux des journalistes qui avaient réalisé une marche à Pétion-Ville pour exiger sa libération.

Le pire parmi les cas de kidnapping recensés dans cette période est celui d’une mère et son fils de 25 ans, enlevés à Port-au-Prince (Ouest), maltraités et tués par leurs ravisseurs faute de rançons. Ce double enlèvement avait eu lieu le 10 Juillet.

Le même jour, une dizaine de personnes avaient été kidnappées à bord d’une camionnette de transport en commun.L’action s’était produite dans la localité de Joanis, dans la Commune de l’Ester, dans le Département de l’Artibonite.Les bandits avaient profité de ce rapt collectif pour violer une fillette de 17 ans.La victime a été par la suite libérée.

Revenons dans l’Ouest, notamment dans les Communes de Delmas et de Tabarre où les kidnappeurs règnent en maîtres et seigneurs sous les regards « passifs » des autorités Gouvernementales. Les deux dernières victimes connues enregistrées au niveaux de ces Communes sont la Journaliste Blondine Tanis, travaillant pour le compte de la radio Renovation FM. Co-animatrice de l’Émission « Tribune Martinale », elle a été enlevée près de chez elle , à Delmas, le vendredi 21 Juillet dernier.

Il dit non au kidnapping | © Google

Le lendemain, le Dr Reynold Grand-Pierre a été lui aussi kidnappé au niveau de la Commune de Tabarre, alors qu’il revenait d’un super marché de la place, selon les informations disponibles.

Aussi faut-il mentionner que quelques semaines avant eux, au moins trois (3) autres personnes avaient été victimes de kidnapping à Delmas 48.

Entre temps, le Conseil de Sécurité des Nations-Unis peine à se prononcer définitivement sur la demande relative au déploiement d’une force armée spécialisée en Haïti en support à la police Nationale d’Haïti (PNH), alors que le Gouvernement haïtien s’apprête à mettre le cap sur les prochaines élections.

Et si on intensifie le « bwa kale » ?

LE FACTEUR HAÏTI (LFH)