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Haïti-Crise : « Protocole 17 Octobre », un accord de plus pour une transition haïtienne

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Un nouvel accord coiffé par une nouvelle force politique a vu le jour en Haïti. Son apellation est « Protocole 17 Octobre » . Signé par des acteurs et actrices du milieu politique et de la société civile haïtienne, après concertation, cette entente est présentée comme alternative utile à la crise multidimensionnelle qui sévit dans le pays. Cette force politique dite progressiste, ouverte, inclusive et démocratique opte pour une transition haïtienne pour les Haïtiens (nes).

LE FACTEUR HAÏTI, le 30 Octobre 2023._ « Protocole 17 Octobre » est l’appellation d’une nouvelle entente politique paraphée entre divers acteurs de différents secteurs haïtiens.

Elle a pris naissance après plus de 28 mois d’échec du gouvernement de facto dirigé par le Premier Ministre Ariel Henry, égorgé par l’aggravation des crises institutionnelle, sociale, économique, sécuritaire et environnementale qui ravagent le pays.

Vu ce constat patent, il se révèle de plus en plus impossible pour ces autorités de facto d’assurer la stabilité, la confiance et la cohésion dans le pays, selon les signataires.

À leur avis, seule une transition avec des dirigeants-leaders soucieux, patriotes et compétents appliquant une feuille de route adaptée à la crise actuelle est capable de garantir le retour à l’ordre démocratique. De ce fait, il convient alors disent-ils, à la communauté internationale d’accompagner tous les efforts viables et inclusifs optant pour une solution durable à la crise.

Toute en mettant en exergue les différentes tentatives initiées par la communauté internationale, notamment à travers la CARICOM et la visite récente du Président de l’assemblée générale des Nations-Unies, les signataires du Protocole du 17 Octobre disent exprimer leurs profondes inquiétudes quant à un dénouement rationnel à la crise haïtienne ; car les démarches entamées et les méthodes utilisées par l’organisation régionale (CARICOM) ne sont pas compatibles aux véritables enjeux de base de cette crise récurrente et se portent exclusivement sur la gouvernance politique alors qu’aujourd’hui l’insécurité est d’abord la question primordiale à laquelle doivent répondre les offres politiques.

Selon les parties prenantes, il se révèle donc nécessaire que des solutions porteuses d’une nouvelle dynamique inclusive et viable en termes de gouvernance politique, sécuritaire, économique, sociale et administrative soient implémentées pour la réussite de la période de transition.

Pour remédier la situation, le Protocole du 17 octobre dit lancer un appel aux forces vives et progressistes d’Haïti en vue de s’entendre sur les orientations stratégiques de l’État haïtien durant les deux prochaines années de la transition allant du 7 Février 2024 au 7 Février 2026.

Par parvenir à cette fin, le Protocole du 17 octobre se dit pour :

1- La mise en place d’une commission mixte composée de sept (7) personnalités: deux (2) représentants-e du Groupe des Éminentes Personnalités de la CARICOM (GEPC), un (1) représentant-e des associations du secteur privé, un (1) représentant-e d’organisation de la société civile, deux (2) représentants-e de religions pour la paix et un (1) représentant-e désigné par le CORPUHA et les universités non alignées. Cette commission aura pour responsabilité de renforcer les pourparlers entre les acteurs (trices) politiques et sociaux, de suivre et d’évaluer les processus de discussions et servira, au final, de garant à l’exécution de l’accord paraphé ;

2- La conclusion d’un accord politique inclusif, avant le 7 février 2024, sous la supervision des représentants de la CARICOM, des universités publiques et privées, de Religions pour la Paix et du secteur privé des affaires ;

3- Le rétablissement d’un pouvoir exécutif bicéphale ;

4- La création, dans le cadre du nouvel accord, d’une instance chargée de contrôler le gouvernement pendant la période de transition ;

5- L’adoption d’une feuille de route adaptée aux exigences sociales, économiques et politiques de la conjoncture. Celle-ci doit prévoir inévitablement un plan stratégique pour juguler le problème de l’insécurité en Haïti.

Les entités politiques et sociales signataires en profitent pour rappeler aux autres acteurs que sur le plan diplomatique, la fermeture des frontières Haïtiano-Dominicaines est une opportunité à saisir en vue de redéfinir les relations entre les deux pays, à diversifier les partenaires commerciaux d’Haïti et penser sérieusement à des politiques publiques de relance de la production nationale.

Sur le plan interne, les signataires du Protocole du 17 octobre ont dit dénoncer et condamner toutes les exactions et tous les abus constituant de graves cas de violation de droits humains contre la population haïtienne, notamment les derniers événements douloureux survenus dans les zones de Mariani, Carrefour-feuilles, Solino, Thomazeau, la Plaine du Cul-de-sac, Canaan et la région du bas Artibonite, entre autres.

LE FACTEUR HAÏTI (LFH)