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Haïti : Des féministes dénoncent les violences faites aux femmes et réclament justice pour les victimes

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À l’initiative de plusieurs organisations féministes, un sit-in a été organisé ce dimanche 3 Avril 2022, au Carrefour de l’Aéroport (Kafou rezistans) dans l’objectif de dénoncer l’insécurité en Haïti ainsi que les actes de violence dont sont victimes les femmes, notamment celles vivant dans les quartiers défavorisés.Ce sit-in a été réalisé à l’occasion de la « Journée nationale du mouvement des femmes haïtiennes », selon les responsables.

LE FACTEUR HAÏTI, le 3 Avril 2022._ »Les femmes constituent la catégorie de la population haïtienne la plus frappée par la situation actuelle du pays ». C’est du moins ce qu’avait déclaré le Premier Ministre Ariel Henry lors de sa participation à la Journée Internationale des Droits de la femme commémorée le 8 mars 2022 dernier.

En effet, c’est dans cette optique que des  organisations féministes et syndicales ont réalisé ce dimanche, au Carrefour de l’Aéroport, un sit-in autour du thème « Fanm ak Feminis ayisyèn yo p’ap pliye nan lit pou konstwi yon peyi ki chita sou respè dwa lavi ak diyite pèp ayisyen an ».

Des féministes disent NON à l’insécurité et à la violence / Photo : Samengie François

Cette démarche de ces structures vise à dénoncer les violences faites aux femmes et aux filles dont celles habitant les quartiers marginalisés. Selon les organisatrices, ce mouvement tient place à l’occasion de « Journée nationale du mouvement des femmes haïtiennes ».

C’était aussi l’occasion pour ces militantes de se plaindre du climat d’insécurité qui entrave le bon fonctionnement de la société haïtienne, notamment à Matissant, une zone située à l’entrée Sud de la Capitale haïtienne où les gangs dictent leur loi. Pancartes en main, elles crachent leur ras-le-bol.

Partie prenante à cette initiative, la responsable de l’entité baptisée « Fanm Branch Rasin Kan Pèp », Islanda  Micherline Aduel, s’en prend aux autorités Gouvernementales qui, fustige t-elle, ne font rien pour traquer les bandits qui prennent en otage la 3ème Circonscription de Port-au-Prince.

Des militantes lors du sit-in/ Photo : Samengie François

De son côté, la militante féministe Vanessa Jeudi critique le comportement des autorités judiciaires qui, à son avis, ne se soucient guère des cas de viols répétés dans le pays.Or, bien souvent, ces actes entraînent des cas de féminicides au vu et au su des instances compétentes, se désolent t-elles.

Repondant à l’appel des organisations féministes, le syndicaliste Dominique Saint-Éloi se dit préoccupé du fait que les patrons d’usines textiles ainsi que ceux des factories violent les droits fondamentaux des femmes qui y travailent.Ce dernier, sollicite à cet effet, de l’aide et de l’accompagnement et réclame justice en leur faveur.

Ce protestaire s’adresse à l’État/ Photo Samengie François

Aussi faut-il rappeler qu’en Février dernier, les ouvriers et ouvrières de la Société Nationale des Parcs Industriels (SONAPI) qui occupaient les rues en vue de réclamer 1500 gourdes comme salaire minimum, avaient été gazés (es), bastonnés (es) et mêmes blessés (es) par balles des agents de la police nationale d’Haïti.

Au rang des victimes, se trouvait une dame enceinte qui a été évanouie après avoir inhalé des bouffées de gaz lacrymogènes.

LE FACTEUR HAÏTI (LFH)