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Haïti : Entre insécurité et stigmatisation, la mort de H -Taliban dévoile un plan macabre visant à éliminer d’autres artistes Haïtiens

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Nervno Fils de plume en Danger ?La précarité des conditions d’existence des artistes issus des milieux défavorisés de Port-au-Prince plus connu sous l’appellation ghetto ou quartier populaire, est une réalité qui n’échappe à personne. Pour ces jeunes qui ne sont pas nés sous la belle étoile, l’art et le sport sont considérés comme des exutoires pouvant les aider à échapper à l’exclusion social et se faire avec difficulté un nom dans le paysage artistique haïtien.

LE FACTEUR HAÏTI, le 25 Avril 2023._Les rares jeunes qui ont eu la chance de se faire connaître par leurs arts et leurs talents comme, Nervno fils de plume, dans les quartiers populaires, ont la lourde responsabilité de partager leur fierté avec leur communauté comme source d’inspiration et de motivation pour les autres. L’histoire de Barikad crew en dit long sur ce rapport d’appartenance viscéral développé avec les quartiers dans la construction d’une identité communautaire.Devenir un artiste reconnu et vivre dans les ghettos est une marque de respect qui participe grandement dans la résilience des communautés en poids à de grande vulnérabilité, l’exclusion et la stigmatisation sociale. La communauté de Bel-Air ne jure que par Franck-Etienne et Raram no limite, Carrefour-feuille porte avec fierté le nom de Gary Victor, bas peu de chose affectionne avec une tendresse démesurée le nom de chaque rappeur fessant parti de Barikad Crew. Ils sont tous des artistes qui ont grandement contribué au rayonnement de l’art haïtien au niveau national et international. Cependant depuis quelques années la dégradation de la réalité socio-économique des quartiers populaires a été considérée comme un prétexte pour des politiciens corrompus de soudoyer le service de certains jeunes à des fins macabres. Distribution d’arme et d’argent sale, mise en place de programme d’apaisement social bidon a été le mode opératoire utilisé par le PHTK afin de soutenir des groupes armés.

D’où l’origine de la situation qui s’est dégénérée et mis la capitale haïtienne sous le contrôle exclusif des gangs. Cette nouvelle donne a pris le dessus sur la participation des artistes dans la construction de la résilience des communautés face à l’exclusion pour donner place avec un Rythme accéléré à la stigmatisation. Le lanceur d’alerte John Colin Morvan très connu sur les réseaux sociaux a révélé avoir reçu l’appelle de policier qui affirme mener des opérations en dehors des cadre légaux et déontologique de leur métier afin d’assassiner des artistes qui non ni avis de recherche, ni mandat d’amené émis à leur encontre.

Déjà le 3 mars dernier Ralph Théodore dit Sexi a été fusillé à Nazon dans des conditions assez
troublantes, le 15 avril dernier le freestyler Carl-henry Pierre alias H Taliban grand ami de
Nervno Fils de plume a été assassiné dans les même conditions. Rappelons que H-Taliban a
collaboré avec Nervno sur au moins 3 projets artistiques dont « Depatcha », « Fratènite » et le
fameux titre « Ou mò » avec la collaboration du rappeur révolutionnaire 27 Wòklò, un titre qui
décrit la situation criante de Port-au-Prince, où peu importe où l’on est, peu importe qui on est,
on est en pas à l’abri et cette phrase « Chaque haïtien, un gilet par balles, telle est la nouvelle
devise du pays». Les deux artistes, ami de longue date avait l’habitude de se donner du bon temps à corridor Bastia et à la ruelle Sylvia deux endroits limitrophe d’un même quartier.
Dans un message adressé à Nervno dans une note vocale, H-taliban écrivait :« Hey frère, j’ai
dû quitter la zone car j’ai appris de bonne source qu’il y a une liste noire sur laquelle se trouve pas mal d’artistes, qui ont l’habitude d’aller performer dans les quartiers chauds » se sentant lui-même ciblé cette situation a motivé le départ de Nervno, du quartier où il habitait avec H-Taliban.

Plusieurs fois l’artiste H-taliban a sollicité l’aide du natif du bel-air, à savoir Nervno,
pour l’aider a quitté le pays. Une véritable campagne de stigmatisation visant des artistes issus de milieu défavorisé en prétextant de l’insécurité et de l’affiliation injustifiée de certain jeune à des groupes de Gang pour les assassiner. De passage à Paris après avoir reçu le prix du meilleur slameur international aux Mali, Nervno a reçu la nouvelle de la mort de son ami artiste H-taliban. Les rimeurs disent qu’il est lui-même ciblé pour avoir collaboré et avoir été présent au côté de l’artiste au cours de différentes activités, notamment la distribution de Kit alimentaire à Lalue et performance au collège Becky Dewine (St. Francois de Sales) dans la commune de cité soleil . Cette nouvelle et les menace encouru ont retardé un peu le retour de l’artiste sur le sol national pour fêter le prix du meilleur slameur international.

Attendu en Haïti pour célébrer avec la communauté artistique et ses proches le prix du meilleur slameur international, Nervno fils de plume se voit dans l’obligation de se mettre à couvert pour épargner sa vie contre cette menace. De plus en plus de jeunes, d’intellectuelles et d’artistes se voient dans l’obligation de quitter Haïti pour échapper à l’insécurité grandissante.

Une perte énorme pour un pays qui a du mal à se relever de l’incompétence et la méchanceté
de ses dirigeants. Victime de stigmatisation ils sont nombreux à avoir payé de leur vie le prix
de l’insécurité. Une situation qui ne préoccupe personne. On ne se préoccupe plus sur la
précarité des artistes ou des jeunes qui sont obligés de vivre dans les quartiers mal famés faute de moyen pour aller vivre ailleurs. Ainsi, sous la hantise de l’insécurité, la société haïtienne fini par accepter pour vrai le stéréotype voulant faire passer tous les habitants des zones dites de non-droit pour des criminels notoires. Une campagne de stigmatisation qui aura de lourde conséquence si on n’agit pas le plus rapidement possible sur le problème.

LE FACTEUR HAÏTI (LFH)

Etienne Jean Rollet