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Le riz importé, un poison lent « made in USA » commercialisé et destiné à la consommation en Haïti

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Dans un article paru ce vendredi 23 Février 2024, le média américain « Reuters » a rapporté les résultats d’une étude récente de l’Université du Michigan sur les exportations américaines de riz vers Haïti. Le constat est sans appel. Le riz contient des concentrations moyennes de produits cancérigènes excessivement élevées qui peuvent affecter négativement la santé des Haïtiens! Le riz provenant des États-Unis est donc un poison lent qui peut augmenter les risques de cancer et de maladies cardiaques chez les Haïtiens.

LE FACTEUR HAÏTI, le 24 Février 2024._Selon l’étude, le riz provenant des États-Unis a des concentrations moyennes d’arsenic et de cadmium près de deux fois plus elevés que le riz produit en Haïti.Ces produits sont réputés capables d’augmenter les risques de cancer et de maladies cardiaques.Or, 90% du riz consommé en Haïti proviennent des importations, presqu’exclusivement des États-Unis, notamment de la Louisiane, du Texas et d’Arkansas, entre autres.

Sur les échantillons analysés, l’étude montre que la quasi-totalité dépassait les recommandations de la « Food and Drug Administrstion » des États-Unis pour la consommation des enfants.C’est pourquoi , selon les chercheurs de l’Université de Michigan, « en maintenant un système dépendant presqu’exclusivement du riz americain, Haïti importe une quantité substantielle de risques ». Doit-on faire le lien avec le nombre croissant des cas de cancers en Haïti ces dernières années? Rien n’est sûr selon l’etude.

Mais d’où provient cette dépendance?

La dépendance haïtienne vis-a-vis du riz américain n’est pas le fruit du hasard mais participe à um projet géopolitique et économique dans lequel les autorités américaines et haïtiennes ne peuvent targuer leur innocence. En effet, selon la même étude citée dans les colonnes de « Reuters » , cette situation découle de la baisse des droits de douane à l’importation et des contrats à long terme signés pendant les troubles politiques politiques de la fin des années 1980 et des années 1990.

Si en 1985 , Haïti n’importait que 7000 tonnes métriques, en 1986, le niveau d’importation est passé à 25000 tonnes métriques avec les États-Unis comme principal fournisseur, grâce à la reduction des limitations quantitatives sur l’importation du riz qui étaient en vigueur.

En 1995, sous le gouvernement de Jean Bertrand Aristide, Haïti a réduit ses droits de douane sur le riz étranger de 50% à 3%, une décision qui a eu pour conséquence d’affecter négativement la production rizicole en Haïti car les producteurs nationaux étaient incapables de suivre le rythme imposé par les grandes entreprises américaines. Bref, au cours des 25 dernières années, la production locale de riz a régressé de 32% alorsque les importations ont connu une croissance annuelle moyenne de 28% avec 80% du total de riz consommé provenant des Etats-Unis.

Si, selon l’étude, la population haïtienne est exposée à des risques de cancer et de maladies cardiaques, il n’en demeure pas moins vrai que l’ultradépendance vis-à-vis du riz importé place le pays dans un dilemme quant au choix à faire.

Face à cet état de fait et ce problème de santé publique, le gouvernement aura-t-il le courage de prendre des mesures pour protéger la santé des Haïtiens alorsqu’il n’était même pas capable d’apporter une réponse digne face à un problème similaire remarqué dans certains produits provenant de la République Dominicaine?

La vie des Haïtiens compte-t-elle autant aux yeux des autorités haïtiennes?

LE FACTEUR HAÏTI/ Domond Willington