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Salvador-Justice : L’ex-président Mauricio Funes condamné à 14 ans de prison pour avoir négocié avec des gangs

Mauricio Funes, ancien président du Salvador | Crédit photo : Luis Romero | AP

Un juge a condamné le lundi 29 mai 2023, l’ancien président salvadorien Mauricio Funes à 14 ans de prison pour avoir négocié avec des gangs pendant son administration entre 2009 à 2014. Quant à son ancien ministre de la sécurité David Munguía Payés, il a une peine de 18 ans d’emprisonnement pour son implication dans les négociations, a rapporté le journal « El País ».

LE FACTEUR HAÏTI, le 30 mai 2023._Deux anciens hauts fonctionnaires de l’État salvadorien sont dans la tourmente. Il s’agit de l’ancien Président Mauricio Funes et son ancien ministre de la sécurité publique du pays, David Munguía Payés.

Les deux hommes sont condamnés par contumace respectivement à 14 et 18 de prison pour avoir eu des négociations avec des organisations criminelles entre 2009 à 2014.

« Des anciens responsables ont permis aux gangs de se renforcer économiquement et sur le territoire, en échange de la réduction du taux d’homicides entre 2011 et 2013, afin de profiter au pouvoir en place et de le favoriser aux élections », a déclaré le juge statuant sur le dossier.

Condamné à 14 ans d’emprisonnement, l’ancien président Mauricio Funes depuis 2016, s’est réfugié au Nicaragua après avoir bénéficié de la protection du président dictateur Daniel Ortega qui lui a accordé la nationalité nicaraguayenne, a écrit « El País ».

Salvador-Justice : L'ex-président Mauricio Funes condamné à 14 ans de prison pour avoir négocié avec des gangs
Mauricio Funes, ancien président du Salvador | Crédit photo : Luis Romero | AP

Selon le média précité, les autorités salvadoriennes ont commencé à enquêter sur Funes au sujet des négociations secrètes que son gouvernement avait menées avec les chefs des gangs qui terrorisaient ce pays d’Amérique centrale. La trêve des gangs négociée en 2012 avait entraîné une baisse des homicides. Elle a même été reconnue par l’Organisation des États américains (OEA), dont le secrétaire général de l’époque, José Miguel Insulza, avait déclaré que l’OEA serait le garant de l’accord suite aux révélations du journal numérique « El Faro ».

L’an dernier, la justice du Salvador avait demandé l’arrestation de l’ancien président, qui fait l’objet d’une autre enquête pour enrichissement illicite, détournement de fonds, négociations illégales et trafic d’influence.

Dans un message sur Twitter, l’ancien président a affirmé qu’il s’agissait « d’une condamnation injuste sans aucune preuve ».«Le FGR n’a présenté aucune preuve que les avantages supposément perçus par les membres du gang aient été autorisés par la présidence. Il ne fait aucun doute que le tribunal d’instruction spécialisé obéit au droit », a-t-il ajouté.

Quant à l’ancien ministre de la sécurité publique, Munguía Payés, il a déclaré qu’il ferait appel de la décision. « Je me considère comme un prisonnier politique, pour avoir été l’ancien ministre du président Funes. Ils font une série d’accusations contre moi qui ne sont pas fondées », a-t-il dénoncé.

LE FACTEUR HAÏTI (LFH)